Le Québec s’était fixé un cap clair : embaucher 18 000 éducatrices qualifiées en service de garde entre 2022 et 2026. À l’approche de l’échéance, le compte n’y est pas. Selon les données les plus récentes transmises par le ministère de la Famille, seules 14 622 embauches nettes avaient été réalisées en mars 2025, laissant un trou de 3 400 postes à combler en quelques mois à peine. Pour les familles montréalaises qui cherchent une place en CPE ou en garderie subventionnée, ce retard se traduit très concrètement par des groupes qui n’ouvrent pas, faute de personnel.
Un objectif manqué de 3 400 éducatrices
Une enquête menée auprès de directions de services de garde a recensé qu’au moins sept répondantes sur soixante-trois avaient dû renoncer à ouvrir un ou plusieurs groupes cette rentrée, faute d’effectif qualifié, ce qui représenterait une quarantaine de groupes fermés à l’échelle du réseau. Du côté syndical, on pointe un manque de moyens plutôt qu’un manque de candidates : pour une responsable syndicale citée par Radio-Canada, le gouvernement n’a tout simplement pas mis en place les leviers nécessaires pour atteindre sa propre cible. Des directions de CPE evoquent de leur côté un effet ciseau entre départs à la retraite et nouvelles obligations de service, qui grignote les gains obtenus depuis 2021.
Montréal, un réseau dense mais sous tension
Avec plus de 40 000 places recensées, la région de Montréal reste, avec Laval, celle qui concentre le plus grand nombre de CPE et garderies de la province. Mais densité ne veut pas dire disponibilité immédiate : les parents doivent toujours passer par la plateforme Ma Place 0-5, la liste d’attente centralisée du gouvernement, où l’on estime qu’un peu plus de 30 000 enfants patientent encore malgré la création de 34 000 places depuis 2021. La pénurie d’éducatrices touche d’abord les quartiers où le personnel qualifié est le plus difficile à retenir face à des conditions salariales jugées peu concurrentielles par rapport à d’autres secteurs en tension, un problème que le marché du travail québécois connaît aussi ailleurs, jusque dans la restauration rapide.
Un frein pour les familles, un paradoxe pour l'emploi
Plusieurs analyses, dont celle publiée par La Presse, rappellent que le manque de places en garderie agit comme un frein direct au retour en emploi de nombreuses mères, au moment même où le Québec affiche un taux de chômage en hausse et des dizaines de milliers de postes vacants. Ce paradoxe illustre à quel point les services de garde ne sont plus seulement une question de politique familiale : ils conditionnent directement la disponibilité de la main-d’œuvre. Le sujet rejoint d’ailleurs celui de la rentrée scolaire, marquée elle aussi par un manque de personnel enseignant, signe d’une tension qui touche l’ensemble de la chaîne éducative, de la petite enfance jusqu’au secondaire.
Vers un équilibre annoncé pour 2027
Le think tank IRPP, dans son bulletin Policy Options, avance une note plus optimiste : le Québec pourrait atteindre un équilibre statistique entre l’offre et la demande de places dès 2027. Mais l’organisme nuance aussitôt ce diagnostic : l’équilibre global masque des disparités locales, certaines places existantes étant mal situées par rapport au domicile ou au lieu de travail des parents, en particulier dans le Grand Montréal où la mobilité quotidienne complique le choix d’un service de garde proche. La pénurie d’éducatrices qualifiées, elle, ne se résorbera pas mécaniquement avec la construction de nouvelles places : c’est un enjeu de formation, de rétention et d’attractivité salariale qui dépasse le seul comptage de places, un défi que partagent d’autres professions du réseau public québécois confrontées à une pénurie de relève.
Questions fréquentes
Combien de places en garderie manque-t-il encore au Québec ?
Environ 30 000 enfants demeurent en attente d’une place selon les dernières estimations, malgré la création de quelque 34 000 places subventionnées depuis 2021.
Pourquoi les groupes de garderie restent-ils fermés malgré des places disponibles ?
Le problème n’est pas seulement le nombre de places physiques mais le manque d’éducatrices qualifiées pour encadrer les groupes ; sans personnel, un local resté vide ne peut pas accueillir d’enfants.
Comment une famille de Montréal peut-elle obtenir une place en CPE ?
Il faut s’inscrire sur la plateforme gouvernementale Ma Place 0-5, qui centralise les demandes pour l’ensemble des services de garde subventionnés de la province, y compris en milieu familial.
Sources
Radio-Canada — Éducatrices en garderie : à 3 400 embauches d’atteindre la promesse de Québec pour 2026
La Presse — Pénurie de places en garderie : un frein à l’émancipation des femmes ?
Policy Options (IRPP) — Services de garde : vers l’équilibre entre l’offre et la demande
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
