Le marché du travail québécois envoie des signaux contradictoires cet été. D’un côté, le taux de chômage a grimpé à 5,6 % en juillet dans la province, en hausse de 0,2 point par rapport au mois précédent, alors qu’il reculait à 6,4 % à l’échelle canadienne. De l’autre, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dénombrait encore 109 100 postes vacants au premier trimestre de 2026. Un paradoxe qui en dit long sur les tensions persistantes du marché de l'emploi.
Un chômage qui grimpe, des postes qui restent à pourvoir
Selon Statistique Canada, l’économie canadienne a créé 75 000 emplois en juillet, tirant le taux de chômage national vers le bas. Le Québec, lui, fait figure d’exception avec une légère détérioration de son taux de chômage. Ce décalage ne signifie pourtant pas que les employeurs peinent moins à recruter : dans plusieurs secteurs, la pénurie de main-d’œuvre reste bien réelle, révélant un désajustement entre les emplois disponibles et les profils qui cherchent du travail.
Selon l’ISQ, le nombre de postes vacants a certes reculé de 5,6 % par rapport au même trimestre de 2025, mais il demeure élevé dans des secteurs clés :
- Soins de santé et assistance sociale : environ 26 000 postes vacants
- Fabrication : 13 100 postes
- Commerce de détail : 10 100 postes
- Services professionnels, scientifiques et techniques : 9 000 postes
Le nerf de la guerre : les salaires offerts
Un des facteurs qui explique cette difficulté à combler les postes est l’écart de rémunération. Au premier trimestre 2026, le salaire horaire moyen offert pour un poste vacant s’établissait à 29,15 $, contre 36,49 $ pour l’ensemble des salariés déjà en emploi au Québec. Cet écart de plus de sept dollars de l’heure freine l’appariement entre chercheurs d'emploi et postes disponibles, particulièrement dans des métiers exigeants comme le personnel infirmier autorisé ou les préposés aux bénéficiaires, qui figurent parmi les professions les plus en demande.
Au-delà du salaire, les analystes du secteur des ressources humaines pointent aussi les conditions de travail, la charge physique ou psychologique de certains postes et le manque de reconnaissance comme freins additionnels au recrutement, notamment dans la santé et le commerce de détail.
Une population active qui commence à reculer
La tendance démographique n’aide pas. Pour la première fois en plus d’un siècle, la population en âge de travailler au Québec devrait reculer à compter de 2026, une baisse qui devrait se poursuivre jusqu’en 2029 selon les projections. Concrètement, cela signifie que le bassin de main-d’œuvre disponible se contracte au moment même où plusieurs secteurs, de la santé à la fabrication, ont besoin de renfort.
Ce contexte pousse de plus en plus d'employeurs à revoir leurs stratégies de recrutement : hausse des salaires d’entrée, horaires plus flexibles, ou encore recours à des plateformes spécialisées par secteur pour cibler plus efficacement les candidats disponibles. Certaines organisations, comme la Société de transport de Montréal, ont par exemple relevé leurs salaires d’entrée pour des postes autrefois difficiles à combler.
Ce que ça change pour les travailleurs et les entreprises
Pour les personnes en recherche d'emploi, ce déséquilibre représente une opportunité de négociation, en particulier dans les secteurs les plus touchés par la pénurie. Pour les entreprises, en revanche, la pression salariale et le resserrement démographique devraient continuer d’alimenter les enjeux de rétention et de formation au cours des prochaines années, un sujet suivi de près par les acteurs de l’économie québécoise.
Questions fréquentes
Pourquoi le chômage augmente-t-il au Québec alors que le Canada va mieux ?
Les dynamiques régionales varient : certains secteurs québécois, notamment manufacturiers, ont connu des ralentissements localisés en juillet, tandis que la création d'emplois s’est concentrée ailleurs au pays, ce qui explique la divergence entre les statistiques provinciale et nationale.
Quels secteurs manquent le plus de main-d’œuvre au Québec ?
Selon l’ISQ, la santé et l’assistance sociale, la fabrication, le commerce de détail et les services professionnels, scientifiques et techniques concentrent le plus grand nombre de postes vacants au premier trimestre 2026.
Le salaire est-il le seul frein à l'embauche ?
Non. Si l’écart salarial entre le salaire offert et le salaire moyen en emploi joue un rôle important, les conditions de travail, la charge de travail et le manque de reconnaissance sont aussi cités comme des freins au recrutement dans plusieurs secteurs.
Sources
- Institut de la statistique du Québec — Les postes vacants au Québec au premier trimestre de 2026
- Finance et Investissement — Le marché de l'emploi surprend en juillet
- AXXEL RH — Postes vacants Québec 2026 : les vrais chiffres de l’ISQ
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
