Alors que la construction résidentielle ralentit dans plusieurs provinces canadiennes, Montréal fait figure d’exception. Mais derrière cette bonne nouvelle statistique, les promoteurs immobiliers du Québec pointent un frein persistant : une réglementation jugée trop lourde pour suivre le rythme de la demande de logements.
Montréal résiste, le reste du Québec ralentit
Selon les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), les mises en chantier ont reculé de 2 % au Canada en août 2026 par rapport à août 2025, tombant à 17 691 unités dans les centres de 10 000 habitants et plus. Sur les huit premiers mois de l’année, le cumul atteint 149 542 unités, en baisse de 4 % par rapport à 2025. Montréal, elle, a enregistré une hausse de 6 % d’un mois à l’autre en août, et affiche une progression de 61 % sur le premier semestre 2026 comparé à la même période en 2025 — un contraste marqué avec Québec (-12 %), Trois-Rivières (-16 %) et Laval (-30 %).
Ce dynamisme montréalais ne doit rien au hasard : la métropole résiste déjà mieux que Toronto et Vancouver depuis plusieurs mois, portée par une demande locative qui ne faiblit pas.
Ce que la SCHL reproche à la réglementation
Kevin Hughes, économiste en chef adjoint à la SCHL, anticipe que la tendance à la baisse se poursuive à l’échelle nationale dans les prochains mois. En cause, selon l’organisme fédéral : des délais d’approbation municipaux et des exigences administratives qui freinent la mise en œuvre de nouveaux projets, même quand le financement et la demande sont au rendez-vous pour les promoteurs.
Le constat rejoint celui du secteur : malgré un allègement de la TPS fédérale entré en vigueur en mars 2026 et un remboursement partiel du droit de mutation annoncé par Québec en avril 2026, les mises en chantier de maisons individuelles n’ont progressé que de 2 % sur un an dans la province. Les appartements représentent d’ailleurs plus de 85 % des nouveaux chantiers recensés, des grands centres urbains jusqu’à des villes comme Victoriaville ou Sept-Îles.
Un objectif de 100 000 logements par an, encore loin
Pour rétablir l’abordabilité du logement d’ici une décennie, le Québec devrait construire environ 100 000 logements par an. Or seulement environ 26 000 habitations ont été mises en chantier dans la province lors du premier semestre 2026. Certains projets avancent malgré tout grâce à l’appui public : un financement fédéral de 150 millions de dollars a récemment permis de débloquer 435 logements locatifs dans l’est de Montréal, illustrant le rôle croissant des subventions pour compenser les freins réglementaires.
Du côté de la revente, la tendance est différente : les ventes immobilières à Montréal ont reculé en 2026 alors que les prix continuent de grimper, signe que l’offre neuve peine encore à suivre la demande.
Ce que ça change pour les acheteurs et les locataires
- À court terme, la rareté de nouveaux logements neufs maintient une pression à la hausse sur les loyers et les prix à Montréal.
- Les promoteurs privilégient les projets à haute densité (appartements) plutôt que les maisons individuelles, plus lentes à rentabiliser dans un contexte de coûts élevés.
- Les incitatifs fiscaux (TPS, droits de mutation) aident les acheteurs, mais ne suffisent pas à eux seuls à compenser les délais administratifs que subissent les promoteurs.
Pour en savoir plus sur l’immobilier dans la région, consultez notre catégorie Immobilier, Construction, ou notre catégorie Économie, Finance pour suivre les indicateurs économiques du Québec.
Questions fréquentes
Pourquoi Montréal résiste-t-elle mieux que les autres villes québécoises ?
La demande locative y reste très forte et de nombreux projets à haute densité, notamment des immeubles d’appartements, ont pu avancer malgré le contexte réglementaire, ce qui explique la hausse de 61 % des mises en chantier sur le premier semestre 2026 par rapport à 2025.
Quel est le principal frein identifié par la SCHL ?
L’organisme fédéral pointe les délais d’approbation municipaux et les exigences administratives, qui ralentissent le lancement de nouveaux projets même lorsque le financement et la demande sont réunis.
Les mesures fiscales annoncées en 2026 ont-elles relancé la construction ?
Leur effet reste limité pour l’instant : malgré l’allègement de la TPS fédérale et le remboursement partiel du droit de mutation au Québec, les mises en chantier de maisons individuelles n’ont progressé que de 2 % sur un an.
Sources
Journal Métro — Mises en chantier au Canada : la SCHL signale un recul en août 2026, Montréal tire son épingle du jeu
Québec Habitation — Les mises en chantier stagnent en 2026 malgré les mesures annoncées en habitation
Les Affaires — Données sur les mises en chantier et la construction résidentielle d’août 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
