La pénurie d’électriciens au Québec n’est plus une simple inquiétude sectorielle : elle s’impose comme l’un des grands dossiers de main-d’œuvre de la province pour les cinq prochaines années. Selon les dernières projections de la Commission de la construction du Québec (CCQ), l’industrie devra combler des besoins annuels moyens de 17 000 salariés entre 2026 et 2030, et les électriciens figurent parmi les métiers où les perspectives d'embauche sont jugées excellentes dans toutes les régions.
Un besoin estimé à près de 1 860 électriciens par an
Dans sa fiche d’analyse consacrée au rapport de la CCQ, la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ) chiffre à environ 1 860 nouveaux électriciens requis chaque année jusqu’en 2030, uniquement pour remplacer les départs à la retraite et suivre la croissance des chantiers. Le problème : le nombre de diplômés reste insuffisant pour suivre cette cadence, alors que la main-d’œuvre active vieillit plus vite dans ce métier que dans plusieurs autres corps de métier de la construction.
Électrification, chantiers résidentiels et bornes de recharge
Plusieurs chantiers simultanés expliquent cette tension. Les investissements d’Hydro-Québec liés à la transition énergétique, les projets éoliens, les grands travaux de transport collectif et la reprise de la construction résidentielle sollicitent tous le même bassin de travailleurs qualifiés. S’y ajoute un phénomène plus discret mais bien réel : chaque installation de borne de recharge pour véhicule électrique doit obligatoirement être réalisée par un entrepreneur détenteur d’une licence RBQ ou par un maître électricien membre de la CMEQ, ce qui ajoute une charge de travail constante aux équipes déjà sollicitées par les gros chantiers.
Ce que ça change concrètement pour les ménages
Pour un propriétaire ou un syndicat de copropriété, cette tension se traduit d’abord par des délais d’attente allongés pour obtenir un devis ou planifier des travaux, qu’il s’agisse d’une mise aux normes, d’un ajout de circuit ou de l’installation d’une borne de recharge à domicile. Elle alimente aussi une pression à la hausse sur les tarifs horaires dans plusieurs régions, en particulier là où la demande résidentielle et les grands projets d’infrastructure se chevauchent. Les entreprises générales de construction, elles, doivent composer avec ce goulot d’étranglement dans leur planification, un enjeu qui rejoint les difficultés déjà documentées sur le ralentissement de la mise en chantier de nouveaux logements au Québec.
Un paradoxe au cœur du marché du travail québécois
Ce manque de bras qualifiés s’inscrit dans un contexte plus large : le Québec affiche à la fois un nombre record de postes vacants dans certains secteurs et des signaux de ralentissement ailleurs, un paradoxe du marché de l'emploi déjà observé dans d’autres métiers. La CMEQ appelle à accélérer la formation, à attirer de nouveaux candidats vers le métier et à encourager la mobilité régionale de la main-d’œuvre pour éviter que ce manque ne freine les grands projets énergétiques de la province. Ce type de tension touche d’ailleurs plusieurs secteurs essentiels, de la construction aux services de proximité, comme le montre la pénurie de personnel qualifié observée dans les garderies québécoises.
Questions fréquentes
Pourquoi la demande d’électriciens augmente-t-elle autant au Québec ?
Elle est portée par la combinaison de plusieurs chantiers simultanés : électrification des transports, projets éoliens, grands travaux d’infrastructure et reprise de la construction résidentielle, alors que le bassin de travailleurs qualifiés ne grandit pas assez vite.
Qui peut légalement installer une borne de recharge à domicile au Québec ?
Seul un entrepreneur électricien détenteur d’une licence RBQ ou un maître électricien membre de la CMEQ peut réaliser ce type d’installation, ce qui place cette tâche dans le même bassin de main-d’œuvre déjà sous pression.
Cette pénurie va-t-elle durer ?
Selon la CCQ, les besoins de main-d’œuvre resteront élevés jusqu’en 2030 au moins, le nombre de diplômés actuel restant insuffisant pour combler les départs à la retraite et la croissance des chantiers.
Sources
- Commission de la construction du Québec — Perspectives professionnelles 2026-2030
- CMEQ — Les électriciens parmi les métiers en forte demande
- L’Écho de Laval — La construction, un secteur en forte croissance
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
