Trouver un rendez-vous pour son chien ou son chat devient un parcours du combattant dans plusieurs régions du Québec. La pénurie de vétérinaires force désormais des cliniques privées à refuser de nouveaux patients, à reporter des consultations ou à réduire leurs heures d’ouverture, faute de personnel suffisant pour répondre à la demande.
Des cliniques débordées, des familles inquiètes
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’aggrave. Si le nombre total de médecins vétérinaires en exercice reste stable pour l’instant, une vague de départs à la retraite est attendue dans les prochaines années, alors que la relève peine à combler les postes vacants, en particulier hors des grands centres urbains. Entre 2019 et 2023, près de 42 % des vétérinaires québécois ont changé d'employeur au moins une fois, un taux de mobilité qui traduit la pression que subit la profession.
- Rendez-vous reportés de plusieurs semaines, voire refusés, dans certaines cliniques
- Fermetures temporaires ou horaires réduits faute de personnel
- Situation particulièrement critique en région, loin des grands centres
- Stress professionnel accru chez les vétérinaires et le personnel technique en poste
Une pénurie qui rappelle celle des médecins de famille
L’analogie avec la santé humaine n’est pas fortuite : le Québec vit une crise de relève similaire chez les médecins de famille, où la difficulté à retenir les jeunes diplômés en région complique l’accès aux soins de première ligne. Du côté animal, l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) a interpellé les partis politiques en septembre pour réclamer des engagements concrets : bourses d’études avec obligation d’exercer en région, primes de relocalisation, programmes de rétention du personnel.
Ce que réclament les vétérinaires
Parmi les mesures demandées, l’AMVQ propose de réinvestir les revenus de la taxe sur les services vétérinaires dans des programmes de vaccination et de stérilisation, voire d’abolir cette taxe pour les soins essentiels. L’association souhaite aussi une reconnaissance élargie des compétences des techniciennes et techniciens en santé animale, afin qu’ils puissent accomplir certains actes dans un cadre réglementaire mieux défini, ce qui libérerait du temps pour les cas les plus complexes.
La question de la rage animale illustre l’urgence : après la progression de l’épizootie de rage du raton laveur vers la région de Montréal, l’AMVQ demande une vaccination antirabique préventive gratuite pour les vétérinaires et le personnel de clinique en première ligne, ainsi qu’un accès simplifié aux tests d’anticorps. « Les professionnels vétérinaires sont au front lorsqu’un animal potentiellement exposé à la rage est présenté dans une clinique », résume la présidente de l’association, Dre Valérie Bissonnette.
Ce que ça change pour les propriétaires d’animaux
Pour les familles, le coût des soins devient un frein réel : la SPCA de Montréal presse le gouvernement de modifier le Code des professions pour permettre aux vétérinaires œuvrant au sein d’organismes à but non lucratif d’offrir des services directement aux ménages à revenu limité. L’objectif est d’éviter que des soins jugés trop coûteux ne mènent à l’abandon d’animaux, un phénomène qui alimente déjà la pression sur les refuges. En attendant des mesures structurantes, plusieurs propriétaires se tournent vers des solutions d’appoint, comme les produits à base de CBD pour soulager certains animaux, en complément — jamais en remplacement — d’un suivi vétérinaire régulier. Les propriétaires peuvent aussi consulter les ressources listées dans nos rubriques Vétérinaires, professionnels spécifiques, soigneurs et Santé, Médecine pour mieux s’orienter localement.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il une pénurie de vétérinaires au Québec ?
Elle s’explique par des départs à la retraite en hausse, une relève insuffisante en région et une charge de travail qui pousse une partie du personnel à changer fréquemment d'employeur, voire à quitter la profession.
Que demande l’AMVQ au gouvernement ?
Des bourses d’études liées à un engagement en région, des primes de relocalisation, une révision de la taxe sur les services vétérinaires et une reconnaissance élargie des compétences des techniciens en santé animale.
Que faire si ma clinique refuse de nouveaux patients ?
Il est conseillé de s’inscrire sur liste d’attente auprès de plusieurs cliniques, de vérifier les options des organismes à but non lucratif comme la SPCA, et de ne pas retarder les soins urgents en contactant une clinique d’urgence vétérinaire.
Sources
Le Devoir —
Journal de Sherbrooke —
SPCA de Montréal
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
