vendredi 16 octobre 2026
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Physiothérapeutes au Québec : vers le droit de poser un diagnostic pour désengorger les soins

Le Québec compte plus de 6 600 physiothérapeutes et 3 400 technologues en physiothérapie, mais le nombre de diplômés formés chaque année reste insuffisant face au vieillissement de la population et à la forte prévalence des troubles musculosquelettiques. Un rapport remis début juin à l’Office des professions du Québec propose désormais d’élargir leur champ de pratique : leur permettre de poser eux-mêmes un diagnostic en santé physique, sans passer systématiquement par un médecin.

Pour les patients, la mesure pourrait raccourcir un parcours de soins aujourd’hui engorgé. Au Québec, les délais touchent déjà plusieurs professions de la santé : les listes d’attente en imagerie médicale s’allongent, tout comme l’accès aux soins vétérinaires ou à certains spécialistes.

Ce que propose le rapport remis à l’Office des professions

Rédigé par Jean-Bernard Trudeau et Yvan Gendron à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux, le rapport recommande de reconnaître l’activité de diagnostiquer à quatre groupes de professionnels : les physiothérapeutes, les ergothérapeutes, les chiropraticiens et les psychoéducateurs, chacun dans les limites de son champ de pratique actuel. Pour la physiothérapie, il s’agirait de pouvoir confirmer un diagnostic de trouble musculosquelettique — une entorse, une tendinite, une lombalgie mécanique — sans prescription médicale préalable.

Pourquoi cette évolution est jugée nécessaire

L’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ), l’Association québécoise de la physiothérapie et la Fédération des chambres professionnelles du Québec font valoir que le réseau dispose déjà des compétences cliniques nécessaires, mais pas du cadre réglementaire pour les mobiliser pleinement. Concrètement, un patient souffrant d’un mal de dos persistant doit aujourd’hui souvent consulter un médecin de famille — déjà saturé — avant même de pouvoir être traité par un physiothérapeute, alors que ce dernier est formé pour évaluer ce type de problème dès la première consultation.

Un mouvement plus large dans les professions de santé

Cette demande d’élargissement s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années au Québec : confier davantage d’actes cliniques à des professionnels autres que les médecins pour désengorger le réseau. Les pharmaciens ont déjà vu leur champ de pratique s’élargir pour prendre en charge des problèmes de santé mineurs en première ligne. Les chiropraticiens, de leur côté, ont salué publiquement les conclusions du rapport, qui reconnaît aussi leur capacité à diagnostiquer dans leur champ de compétence.

Ce que cela changerait concrètement

  • Un patient pourrait consulter directement un physiothérapeute pour un trouble musculosquelettique, sans détour par un médecin généraliste.
  • Les cliniques privées et les points de service publics pourraient traiter davantage de cas sans attendre une confirmation médicale externe.
  • La mesure ne change rien aux cas nécessitant une imagerie ou un avis spécialisé : le physiothérapeute oriente alors le patient vers le réseau médical, comme aujourd’hui.
  • La mise en œuvre dépend encore d’un encadrement réglementaire que l’Office des professions doit maintenant préciser.

Questions fréquentes

Les physiothérapeutes peuvent-ils déjà diagnostiquer au Québec ?

Pas formellement : ils évaluent et traitent les troubles musculosquelettiques, mais la reconnaissance officielle de l’acte de diagnostiquer, proposée par le rapport remis à l’Office des professions, nécessite encore un encadrement réglementaire qui n’est pas en vigueur.

Cette réforme concerne-t-elle uniquement les physiothérapeutes ?

Non, le rapport recommande d’élargir cette reconnaissance à quatre groupes : physiothérapeutes, ergothérapeutes, chiropraticiens et psychoéducateurs, chacun dans son champ de pratique propre.

Pourquoi le Québec envisage-t-il cette mesure maintenant ?

Le vieillissement de la population et la hausse des troubles musculosquelettiques accentuent la pression sur un réseau de santé déjà marqué par des délais d’attente importants dans plusieurs spécialités.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Romain Leroy
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