jeudi 8 octobre 2026
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Listes d’attente en IRM au Québec : pourquoi les délais explosent

Au Québec, la liste d’attente pour une IRM ne cesse de s’allonger. Selon les données de Santé Québec rapportées par Le Devoir, le nombre de personnes en attente d’un examen par résonance magnétique est passé de 94 714 en décembre 2022 à 146 328 en décembre 2025, soit une hausse d’environ 55 % en trois ans. Une tendance qui touche aussi les scanners et, dans une moindre mesure, les échographies.

Cette explosion des délais ne se limite pas à Montréal. Elle s’observe dans l’ensemble du réseau, des grands centres hospitaliers universitaires jusqu’aux établissements régionaux, dans un contexte plus large de pénurie persistante de médecins de famille au Québec qui alourdit déjà l’ensemble du parcours de soins.

Des délais qui se comptent parfois en mois, voire en années

Dans certains établissements, l’attente pour une IRM non urgente peut atteindre six à douze mois, et jusqu’à deux ans dans les cas les plus extrêmes, avec des listes pouvant compter de 1 000 à 1 500 noms par hôpital. À titre d’exemple régional, les données officielles du CISSS des Laurentides font état d’environ 9 800 personnes en attente d’un examen de résonance magnétique dans cette seule région, pour un délai moyen proche de dix mois dans les cas jugés non urgents.

Le ministère de la Santé vise pourtant un objectif de 90 jours pour les patients dits électifs. Un objectif que de nombreux établissements n’atteignent pas, selon les chiffres régionaux disponibles.

Pénurie de technologues et recours grandissant au privé

Santé Québec attribue cette hausse à deux facteurs principaux : une pénurie de technologues en imagerie médicale et une demande croissante pour ces examens, portée notamment par le vieillissement de la population et l’évolution des pratiques diagnostiques. Cette rareté de personnel qualifié touche d’ailleurs plusieurs métiers de la santé et des services essentiels, un phénomène déjà documenté pour d’autres professions comme les psychologues du réseau public, confrontés eux aussi à des listes d’attente très longues.

Face à l’ampleur des listes d’attente, le gouvernement a multiplié les contrats avec des cliniques privées d’imagerie médicale pour résorber une partie du volume en attente, qui dépasserait les 350 000 requêtes toutes modalités confondues selon Radio-Canada. Des réseaux comme RadiologiX ou Imagix opèrent ainsi plusieurs cliniques où une partie des examens, notamment les échographies et la radiographie générale, demeure couverte par la RAMQ. L’IRM réalisée en clinique privée, en revanche, n’est généralement pas remboursée, sauf exceptions encadrées par une entente spécifique.

  • 94 714 personnes en attente d’une IRM en décembre 2022, contre 146 328 en décembre 2025 (Santé Québec) ;
  • Plus de 350 000 requêtes d’imagerie médicale en attente, toutes modalités confondues (Radio-Canada) ;
  • Cible ministérielle de 90 jours pour les examens électifs, loin d’être atteinte partout ;
  • Recours croissant aux cliniques privées pour désengorger le réseau public.

Une pression supplémentaire sur des établissements déjà sollicités

Cette hausse des délais en imagerie s’ajoute à la pression déjà connue sur les infrastructures hospitalières. Des établissements comme l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, actuellement engagé dans une modernisation d’ampleur, illustrent les efforts entrepris pour moderniser des plateaux techniques vieillissants, dont dépend directement la capacité à réaliser davantage d’examens d’imagerie chaque année.

À l’Assemblée nationale, des élus de l’opposition ont qualifié la situation d’« accablante » et « inacceptable », réclamant un plan concret pour réduire les listes d’attente. Pour l’instant, aucune échéance précise n’a été annoncée pour un retour aux délais ciblés par le ministère.

Questions fréquentes

Pourquoi les délais pour une IRM augmentent-ils autant au Québec ?

La hausse s’explique principalement par une pénurie de technologues en imagerie médicale et par une demande croissante pour ces examens, dans un réseau de santé déjà sous pression.

Une IRM réalisée en clinique privée est-elle remboursée par la RAMQ ?

En règle générale, non : l’IRM en clinique privée n’est pas couverte par la RAMQ, sauf dans des cas exceptionnels encadrés par une entente spécifique entre l’établissement et le réseau public.

Quel est l’objectif du ministère de la Santé pour les délais d’imagerie ?

Le ministère vise un délai de 90 jours pour les patients électifs, un objectif qui n’est actuellement pas respecté dans plusieurs régions du Québec.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Manon Vasseur
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