jeudi 3 septembre 2026
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Marchés publics au Québec : la nouvelle stratégie qui veut mettre fin au règne du plus bas prix

Le gouvernement du Québec a dévoilé sa nouvelle Stratégie gouvernementale des marchés publics 2026-2030, une feuille de route qui vise à orienter davantage les contrats de l’État vers les entreprises d’ici, en particulier les PME. Objectif affiché : faire de l’achat public un véritable levier économique, dans un contexte géopolitique et commercial jugé volatile.



Un objectif de 60 % des contrats vers des entreprises québécoises


La nouvelle stratégie, pilotée par le Secrétariat du Conseil du trésor, fixe une cible claire : porter à 60 % la part des achats publics réalisés auprès d’entreprises québécoises, contre 50 % actuellement. Le gouvernement évalue à 1,9 milliard de dollars les retombées supplémentaires attendues pour les entreprises de la province une fois la stratégie pleinement déployée.


Ce nouveau plan s’appuie sur les résultats de la précédente stratégie 2022-2026, qui avait permis de faire passer la part des biens achetés auprès d’entreprises québécoises de 38 % à 50 %, générant 3,5 milliards de dollars d’acquisitions additionnelles et un impact estimé à 6,3 milliards de dollars sur le PIB réel du Québec.



La fin annoncée du « règne du plus bas prix »


Longtemps critiqué par les entreprises et fédérations patronales, le critère du prix le plus bas comme unique référence dans l’attribution des contrats publics est appelé à perdre du terrain. La stratégie prévoit de faire passer de 28 % à 33 % la part des contrats attribués sur la base de la qualité et de la valeur globale de l’offre, plutôt que sur le seul montant soumis. Des clauses d’ajustement de prix seront également introduites dans certains appels d’offres, afin de mieux protéger les fournisseurs face aux variations de coûts des matériaux et de la main-d’œuvre.


Un nouveau programme baptisé Visibilité doit par ailleurs permettre aux petites et moyennes entreprises de présenter plus facilement leurs produits, services et solutions directement aux organismes publics, sans passer uniquement par le processus classique d’appel d’offres.



Plus de prévisibilité pour les fournisseurs


Autre changement attendu : les grands ministères et organismes publics devront désormais inscrire leurs cibles d’achat québécois dans leur planification stratégique et en rendre compte chaque année. Cette obligation de reddition de comptes vise à donner aux entreprises, notamment celles actives dans les secteurs de la construction, des technologies et des services professionnels, une meilleure visibilité sur les occasions d’affaires à venir avec l’État québécois.


Les organisations patronales consultées lors de l’élaboration de la stratégie saluent globalement une ambition renforcée par rapport au plan précédent, tout en rappelant que l’accès effectif aux contrats publics reste conditionné à la capacité des PME à répondre aux exigences administratives des appels d’offres, parfois jugées complexes pour les plus petites structures.



Un enjeu de compétences pour les acheteurs publics


La stratégie prévoit enfin un volet consacré au renforcement des compétences des acheteurs publics eux-mêmes, afin qu’ils puissent mieux évaluer des offres sur des critères qualitatifs et non plus seulement sur le prix. Cette montée en compétence doit s’accompagner d’un travail d’accompagnement des entreprises, notamment via les ressources disponibles sur les plateformes de formation et d’accompagnement professionnel destinées aux PME souhaitant se positionner sur les marchés publics.



Questions fréquentes


Qu’est-ce que la Stratégie gouvernementale des marchés publics 2026-2030 ?


C’est le plan d’action du gouvernement du Québec pour orienter davantage ses contrats d’achat vers les entreprises québécoises, avec une cible de 60 % des achats publics d’ici la fin de la période 2026-2030.


Le prix le plus bas ne sera-t-il plus du tout pris en compte ?


Il restera un critère, mais son poids relatif diminue : la part des contrats attribués sur la base de la qualité et de la valeur globale de l’offre doit passer de 28 % à 33 %.


Comment une PME peut-elle se positionner sur les marchés publics québécois ?


Via le Système électronique d’appel d’offres (SEAO) pour les appels d’offres classiques, et bientôt via le nouveau programme Visibilité, destiné à faciliter la présentation directe de leurs produits et services aux organismes publics.



Sources



Bureau gouvernemental québécois avec professionnels examinant des documents de contrats publics

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Manon Vasseur
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